Quel choc en arrivant à Hanoï après le calme laotien ! Le contraste est saisissant, foudroyant ! Arrivés de nuit, ce n’est qu’au petit matin que nous avons pris conscience de l’effervescence de la ville et de ses 7,5 millions d’habitants ! Avec au minimum un scooter par foyer… La ville gronde au rythme des «motorbike»!

Les rues et ruelles grouillent de vie ; bondées de monde, d’enseignes colorées et lumineuses, de vendeurs de fruits, de légumes et de viandes à même le sol et des stands de street food par dizaine. La concentration est de mise pour se frayer un chemin et garder le cap dans cet entrelacement urbain ou chaque croisement semble ressembler au précédent!

Souvent pour faute d’espace suffisant à l’intérieur, les trottoirs se transforment très rapidement en restaurant improvisé. Les petites tables et les mini tabourets en plastique, omniprésents dans le paysage vietnamien, sont disposés à l’extérieur et les habitants s’y assistent dès le matin très tôt pour y déguster des soupes Pho, ou encore le fameux Bun Cha, spécialité incontestée de la ville.

Certaines adresses réputées, comme Bun Dac Kim sur Hang Manh Street ne désemplissent pas de la journée et la population locale s’y mélange volontiers avec les touristes et les golden boy. Plusieurs petits plats sont dressés sur les tables et c’est à vous de composer votre bol comme bon vous semble. Un bouillon, des nouilles de riz, des nems, des légumes frais, des boulettes, des piments, des citrons verts et de nombreuses herbes aromatiques comme la menthe, la coriandre ou encore le basilic thaï.

Comme à notre habitude, nous avons dès notre première promenade arpenté la vieille ville en nous laissant aller ici et là, nous perdant aux grès de ce que l’on voyait, des boutiques, des odeurs, de notre envie. Et c’est en déambulant de cette manière que nous avons pu déceler une organisation pour le moins étonnante ! Dans une rue, vous pouvez trouver des produits en inox de toutes sortes, puis sur un pâté de maison entier des vendeurs de vaisselle, dans un autre des articles en bois uniquement, puis sur une autre rue des réparateurs qui soudent des tôles au milieu des passants, ou encore des marchands d’épices sur des dizaines de mètres. Tout ceci ponctué par les jolies portes en bois sculptées rouges derrière lesquelles se cachent en réalité les lieux de cultes de la ville.

En nous aventurant jusqu’au Lac Hoan Kiem, nous avons découvert le Temple Ngoc Son, écrin serein au milieu du lac, à l’écart de l’effervescence de la ville, l’occasion de profiter d’un instant privilégié. Posé sur l’île du même nom, il faut traverser le Huc, un pont de bois massif entièrement peint en rouge.

Accablés par une chaleur sèche et étouffante, c’est par le plus grand des hasards, que l’on s’est retrouvés dans le lobby d’un des nombreux immeubles du quartier, qui propose à chaque étage un bar différent. Le moment idéal pour nous de déguster une boisson fraîche sur la terrasse du Coffee Club avec une vue dégagée sur le lac et sur ces drôles d’immeubles de consommation !

A l’écart de la vibrante Hanoï, comme une parenthèse dans notre parcours, nous avons trouvé l’apaisement lors d’une croisière de deux jours dans la légendaire Baie d’Halong avec ses montagnes flottantes en pain de sucre.

A bord du Christina Cruise, la chambre était spacieuse, avec un lit immense qui nous changeait de nos auberges et de nos guest house. Le bonus étant ce joli petit balcon privatif qui nous offrait une magnifique vue sur la baie, de quoi s’abandonner à tous moments de la journée.

Sur l’île Dau Go, aussi appelée « île des merveilles », on trouve la gigantesque grotte du même nom. Trois chambres différentes, un puît de lumière naturelle époustouflant, une hauteur sous plafond de 25 mètres, des stalactites par centaines et des drapés faisant penser à des dragons. Comme un décor de cinéma, la grotte est mise en scène par un éclairage inattendu et coloré où l’on a parfois la sensation d’explorer le centre de la terre ou d’être partis à la conquête du sol lunaire.

Comme si notre journée n’était pas assez palpitante, nous avons pris place à bord d’un kayak pour une navigation libre au milieu des îlots touffus de la baie, croisant parfois un petit marchand ambulant sur sa petite embarcation remplie de victuailles en tout genre. A l’écart du monde, dans cet endroit surréaliste, nous nous sentions perdus et libres à la fois. C’est en profitant d’un plongeon dans la baie que nous avons pris conscience de la chance que nous avions d’être là, au bout du monde, avec un sentiment de profonde gratitude.

De nouveau sur le pont supérieur de notre bateau, la nature nous a gratifié d’un sublime coucher de soleil pour clore cette journée hors normes, hors du temps et de l’espace, nous étions comblés.

Revenus sur la terre ferme, nous avons poursuivi notre route par un voyage de 18h jusqu’à la délicieuse ville de Hôi An, dans le plus improbable bus que nous ayons eu à prendre depuis le début. Des lits couchettes « sarcophages » méticuleusement agencés, des néons bleus qui ne s’éteignent jamais et un karaoké du tonnerre comme fond sonore.
Cette ville nous a captivé sous bien des aspects, tant et bien que nous y avons séjourné plusieurs jours en posant nos sacs à la Tigon Homestay.

Les rues de Hôi An sont joliment fleuries et décorées de lanternes de papiers multicolores qui les illuminent à la nuit tombée.

De part et d’autre, se trouvent des maisons aux façades de bois sombre et des murs peints d’un jaune chaud, lumineux et chaleureux, caractéristique de la ville. On pourrait facilement s’imaginer à la Havane si les sinogrammes et les kanjis n’étaient pas si présents dans le paysage, témoins de l’histoire et du lourd passé colonial de la ville.

La ville est blottie entre la côte de la Mer de Chine et la rivière Thu Bon, animée par les pirogues, les bateaux de croisière et les livraisons de marchandises au Central Market qui propose tous types de produits, de nourriture, de chapeaux et de vêtements sur mesure.

Hôi an est réputée pour ses ateliers de textile pouvant reproduire à peu près tout ce que vous voulez. Au cœur du Central Market, on trouve une multitude de stands où l’on vous présente des catalogues de mode et des articles à des prix défiant toute concurrence. Repérés et alpagués en quelques minutes par une rabatteuse et alors que n’avez rien décidé ni choisi, une femme vous enlace de son mètre de couture et note vos mensurations à une vitesse folle! 24H plus tard, vous repartez avec votre robe, votre combi-short, votre costume ou même votre robe de mariée, dans une finition impeccable. Impressionnant !

C’est à vélo que nous avons rejoint la plage d’An Bang. À 30 minutes à peine du centre ville, nous avons pu nous y prélasser quasiment seuls dans un calme étonnant sous une lumière douce aux accents sépia. Ce n’est qu’au coucher du soleil qu’un étonnant ballet s’est joué sous nos yeux écarquillés. Les habitants, arrivés en masse, déploient de grand drapés et de petites tables et chaises en plastique pour profiter de la plage autour d’un dîner au soleil couchant. Il faut comprendre qu’à l’inverse de la culture occidentale, il est ici très mal vu d’avoir la peau bronzée, souvent synonyme de pauvreté. Les vietnamiens, préférant garder la peau claire, se protègent donc au maximum et il n’est pas rare de voir certains habitants entièrement habillés de la tête au pied sous un soleil de plomb.

Classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, la vieille ville regorge de maisons traditionnelles toutes plus belles les unes que les autres. Profondément influencées par l’architecture japonaise et chinoise, elles sont organisées autour d’un patio central avec un puits. On y trouve des passerelles extérieures avec des colonnes et des parements sculptés en bois noble. Les sols intérieurs sont tapissés de nattes de bambou et on s’y arrêterait volontiers pour un instant méditatif. On profite pleinement des lieux, comme si le temps y était suspendu, alors que les familles, pouvant s’étendre parfois sur 4 générations, occupent encore les lieux. Stupéfiant.

De jour comme de nuit, on trouve une multitude de restaurants ouverts. Qu’ils aient pignon sur rue ou que se soient de simples échoppes sur les trottoirs, il est très difficile de faire un choix et l’on pourrait aisément manger à n’en plus finir !

Au crépuscule, les milliers de lanternes de papier s’illuminent et scintillent un peu partout dans la ville, comme un décor de film, une féerie lumineuse pour le plaisir de tous.

En poursuivant notre route vers le sud, nous ne nous attendions pas à vivre un voyage si éprouvant. 28H de trajet sous la pluie et un changement de bus pour seule pause. Éprouvant !
C’est exténués que nous sommes arrivés en fin de journée à Saïgon, ville renommée depuis 1975 Hô Chi Minh City, du nom du leader communiste à l’origine de la reconquête de la ville à la fin de la guerre.
Poumon économique du pays, nous découvrons une ville gigantesque et animée dont les rues, coiffées de milliers de câbles électriques grouillant de rats qui peuvent à tout moment nous tomber sur la tête !

La ville présente une diversité architecturale saisissante : un mélange de gratte-ciels, d’immeubles typiques, d’églises et de temples bouddhistes, d’habitations de style colonial jusqu’à des aménagements très contemporains avec des boutiques de luxe.

La Poste Centrale, avec sa charpente métallique dessinée par Gustave Eiffel, témoigne du passé colonial français et de l’Indochine. Les murs sont tapissés de gigantesques cartes, la périphérie de la grande salle est ponctuée de guichets en bois et en son centre de grandes tables en bois également afin de rédiger sa correspondance. On y ressent une agréable sensation, comme replongés dans le passé, on se prend à s’imaginer aventuriers à la recherche d’une carte secrète menant à un temple caché.

Juste à coté se trouve le Palais de la Réunification, un bâtiment administratif qui a vu se succéder bon nombre de chefs d’états de la Cochinchine, de l’Indochine, ainsi que la présidence de la République du Sud Vietnam jusqu’à la chute de Saïgon en 1975.

Ce bâtiment austère est dès lors resté dans son jus et transformé en lieu historique de la reconquête Vietcong. On y trouve des salons de réception, des salles de conférences, des bureaux privés, tout un sous-sol anti-bombardement particulièrement inquiétant. La visite nous plonge dans le stress de la guerre et dans le cœur de l’histoire du Vietnam.

Le War Remnants Musuem, Musée de la Guerre du Vietnam, reste le site incontournable de la ville. La censure y est inexistante et on en ressort horrifié et le ventre noué tant les images peuvent être dures à supporter. Ce musée vous fait vivre et comprendre l’atrocité de cette guerre, la souffrance et la détresse vécues par les vietnamiens ainsi que les conséquences désastreuses encore visibles aujourd’hui sur les populations et l’environnement, plusieurs décennies plus tard.

C’est sous le ciel chargé et nuageux de Saïgon que nous avons terminé notre découverte du Vietnam et c’est le coeur lourd que nous quittons ce pays si attachant. L’effervescence qu’il dégage, sa culture, ses paysages à couper le souffle et son histoire qui nous impose à la fois humilité et respect. Et même lorsqu’il nous vient des sentiments de culpabilité face à ce lourd passé, la gentillesse de ses habitants force l’admiration et nous rappelle que Notre histoire reste elle encore à écrire.

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EP4. CAMBODGE LE LOURD PASSÉ

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