La traversée du Cambodge depuis Saigon jusqu’à Siem Reap fut pour le moins chaotique…
Quinze heures de bus sous des torrents de pluie, la majeure partie sur une route de terre battue accidentée et des petits cafards pour compagnons de voyage. Arrivés au milieu de la nuit, déboussolés et fatigués, nous n’avons découvert la ville qu’aux premières lueurs du jour.

Après une bonne nuit dans le confort d’une auberge, nous avons parcouru la ville avec légèreté, découvrant des temples cachés aux coins des rues, un dortoir de moines au fond d’une allée ou encore de sublimes sépultures dorées.

Un petit bras paisible du « Tonle Sap » traverse la ville et arbore des roues et ponts de bois. Sur l’autre rive, on peut arpenter le marché central coloré d’épices, de fruits et légumes, de textiles, le tout dans un décor colonial très typé.

À la nuit tombée, la ville revêt son manteau de lumière, lanternes, guirlandes et néons colorés décorent les rues. Perdus au cœur du fameux PUB STREET, quartier parsemé de bars et de restaurants éclairés de mille feux, très prisé par les touristes en quête de fêtes, nous encaissons à nouveau les contrastes propres à l’Asie du Sud Est. Tantôt pieuse et silencieuse, tantôt survoltée et euphorique. Postés sur la terrasse d’un bar surplombant la rue, nous avons profité d’un instant cosy dans une ambiance détendue, tout en observant la rue et son effervescence.

C’est aux premières lueurs du soleil que notre chauffeur de tuk-tuk, rencontré la veille, est venu nous récupérer pour nous faire découvrir la mythique cité d’Angkor, capitale des souverains Khmer jusqu’au XIIIe siècle.

A cet instant, nous ne savions pas encore vraiment à quoi nous attendre. Toutefois, dès la découverte du premier temple de la cité, l’emblématique Angkor Vat, nous étions subjugués.

Ce temple niché au cœur de la nature, pourvu d’innombrables corridors et chambres, de tours majestueuses et de bas reliefs incroyablement bien conservés; offre en plus un panorama époustouflant sur la cime de la jungle. Pris d’assaut chaque jour par des milliers de personnes, on peut néanmoins s’y promener aisément tant son ampleur est impressionnante.

A mesure que l’on se rapproche de la jungle, il n’est pas rare de rencontrer de nombreux macaques, malicieux et chapardeurs, mais aussi tellement beaux dans cet environnement!

Nous avons poursuivi notre visite au temple Bayon. Édifice central de la cité, il en est le dernier des Temples Montagnes, bâtit par Jayavarman VII et entièrement dédié au Bouddha. Connu comme le temple aux mille visages, il en impose par sa taille, sa stature et son architecture, témoin de l’apogée de l’Art Bouddhique.

Des dizaines de monticules et de tourelles sont surmontés de ces visages souriants, avec des escaliers parfois tellement raides que l’on s’imagine escalader une muraille. Un effort physique mais aussi spirituel, l’ascension permettant à l’âme de grandir et de s’éveiller jusqu’à faire face au regard bienfaisant et protecteur du Bouddha.

D’apparence désordonnée, le Bayon est une véritable prouesse architecturale, l’imbrication de ses énormes pierres est tellement précise qu’elle a permis à l’édifice de traverser les siècles sans subir de gros dommages. Les anciennes civilisations de bâtisseurs nous révèlent des trésors d’ingéniosité que nous ne méritons certainement pas encore de comprendre, sans aucun doute.

Accablés par la chaleur, nous avons fais route vers le monastère Ta Prohm noyé au cœur de la jungle. Comme la totalité de l’antique cité, cet édifice fut oublié des siècles durant, laissant à la jungle le temps de reprendre ses droits sur les constructions. A tel point que, sous le poids des années, les arbres ont tout bonnement fusionné avec la pierre et l’on comprend aisément que le temple ait su se camoufler si longtemps. Le Ta Prohm est le seul édifice d’Angkor a avoir été laissé dans un état proche de sa “re-découverte”.

Les énormes racines se mélangent aux branches, tant et si bien qu’on ne sait plus si l’on est sur ou sous terre. C’est une architecture hybride où les éléments s’entraident, se maintiennent et s’équilibrent.

Les arbres sont juste sublimes et se dressent fièrement dans leurs racines drapées comme dans une robe dorée majestueuse. Se promener dans ce lieu apporte une énergie tellement profonde, que lorsque l’on se retrouve seul au détour d’une allée, entouré de gravats, de mousses vertes et de racines, on s’imagine être le premier à découvrir cet endroit.

En quittant le Ta Prohm, nous avons pu observer des groupes de gens partant à l’assaut des temples sur le dos de ces majestueux animaux que sont les éléphants d’Asie.
L’Asie du Sud-Est a une histoire pour le moins controversée avec les éléphants. Tantôt vénérés, tantôt exploités, il est néanmoins indispensable de savoir que ce type d’activité est uniquement possible après des années de torture infligée aux éléphants. Retirés de leurs mères dès leur plus jeune âge, ils sont enchaînés, battus et contraints jusqu’à ce que les ordres soient vécus comme des traumatismes.
Si vous êtes vous aussi des amoureux et des protecteurs des animaux, cessez de prendre part à ce type d’activité et diffusez cette information pour que cesse l’exploitation touristique des éléphants. De nombreux sanctuaires qui préservent les animaux sont accessibles en Asie du Sud-Est, comme le Elephant Haven Thailand.
Vous pourrez y vivre un moment unique, authentique et inoubliable. Apporter du bonheur à ces fabuleux animaux et en ressortir enrichi, ça n’a pas de prix!

C’est la tête pleine de souvenirs que nous avons quitté Siem Reap et sa jungle environnante en direction de la capitale du Pays, Phnom Penh.
A peine arrivés, nous sommes submergés par le dynamisme de la ville ! Après trois jours passés au calme, le contraste est plutôt rude ! Une circulation très dense, des scooters par milliers, des échoppes de rue, des touristes et chose plutôt rare jusqu’à maintenant, de la mendicité. Là où dans les pays voisins, elle peut être très mal vue par la communauté ou parfois même strictement interdite (comme par exemple au Laos), elle est ici totalement désinhibée. Le dollar US est roi et c’est sans nul doute l’influence malsaine du capital occidental qui accentue ces déséquilibres et ces inégalités.

Arrivés dans le centre ville, nous avons posé nos sacs à dos à l’auberge Laughing Fatman. Du nom de l’attitude et de la corpulence du gérant ! Accueillis par une ribambelle de petits chats aux yeux attendrissants, nous avons pris nos quartiers dans une des chambres de l’étage, à l’angle de la rue Jayavarman VII. Chambre qui s’avéra être un vrai cauchemar. Les fenêtres en papier ne couvrant aucun décibel du tumultueux quartier, impossible de fermer l’œil. Réfugiés à deux pas dans le restaurant du même nom, nous avons tout de même profité d’agréables moments en compagnie des gérants et de clients réguliers, le temps de déguster un banana shake entre deux terribles averses de mousson !

Le Cambodge est un pays aux contrastes étonnants. La pauvreté y est la plus visible alors que la devise officieuse, le dollar US, y est la plus forte. La criminalité y est exacerbée mais la ville jouit en parallèle d’une concentration d’ONG impressionnante. On ressent la profonde souffrance du peuple face à son histoire et malgré leur passé douloureux, les habitants s’emploient à donner le meilleur d’eux même, pour reconstruire chaque jour un peu plus et dans de meilleurs conditions leur précieux pays.
Il faut cependant rester vigilant en tout temps. La loi y est malléable et de fait, la ville offre un repaire idéal à toutes sortes de repris de justice, souvent étrangers, qui jouissent d’une immunité quasi totale dans la sulfureuse ville. C’est ce que nous a confié Darren, un «expatrié» anglais qui vit ici depuis plus de quinze ans. Tombé amoureux de ce lieu de «non droit», où les excès se payent à coup de devises et où les magouilles vont bon train! Accoudé à sa table en compagnie d’une jeune cambodgienne et d’un vieil australien aux allures de parrain, il nous comptera des histoires toutes plus loufoques les unes que les autres. A tel point que nous ne savions plus si nous avions affaire à un mythomane avéré ou un dangereux malfrat réfugié ici à temps plein. Le recul aidant, il nous parut évident qu’il s’agissait bel et bien de la deuxième option.

Conscients des risques, nous avons quand même pris l’initiative de nous rendre en bordure de la ville pour visiter un atelier de métallurgiste. Le petit quartier est fait d’un entrelacement de rues, sans nom ni indication, le tuk-tuk peine à s’y mouvoir et on finira par se perdre. Pas très rassurés, c’est grâce à notre contact que nous finirons par arriver à bon port, aux ateliers de l’entreprise de mobilier BIBELO. De passage dans la ville, Romain n’aurait pas pu passer à coté de l’occasion de voir les locaux de l’entreprise avec laquelle il travaille à la réalisation de la table basse ORBIT.

Après la visite de l’atelier, nous avons découvert le site de l’Organisation Non Gouvernementale Pour un Sourire d’Enfant. Un pourcentage des futures ventes de la table étant reversé à cette ONG, nous souhaitions voir de nos propres yeux le travail effectué par les bénévoles. Et quelle ne fut pas notre agréable surprise en découvrant ce gigantesque endroit. Accueillant des milliers d’enfants cambodgiens depuis sa création, souvent rescapés des décharges à ciel ouvert de la ville, PSE leur permet de suivre des formations professionnelles diplômantes, encadrés par des professeurs et des bénévoles du monde entier. On y trouve également des logements de familles, des complexes sportifs et bien d’autres infrastructures primordiales au bon développement des pensionnaires.
Si vous souhaitez en apprendre d’avantage sur PSE, nous vous invitons à découvrir le film documentaire qui lui a été consacré, les Pépites, réalisé par Xavier de Lauzanne en 2016. Sinon vous pouvez également vous rendre sur le site de PSE et faire un don à l’association!

Forts de cette nouvelle expérience, nous avons quitté la ville en direction de Sihanoukville, du nom de l’ancien Roi et chef d’état cambodgien Norodom Sihanouk.
Ce petit voyage d’à peine cinq heures aura eu raison de nos nerfs; des enfants hurlant à la mort, le karaoké à fond, une pluie battante et les néons de boîte de nuit en permanence! A peine arrivés, nous avons foncé vers notre guesthouse du jour, la Zana Beach Guesthouse, pour profiter d’un peu de repos dans notre chambre spacieuse, propre et calme.
En prenant la direction de la côte, nous souhaitions retrouver un peu de quiétude loin du tumulte de la capitale. De cette station balnéaire partent les bateaux vers l’île de Koh Rong. C’était le programme… Mais c’était sans compter sur la mousson qui faisait alors rage sur la côte. Conseil: évitez de visiter cette région au mois d’Août!

Bien décidés à profiter d’une petite promenade relaxante en bord de mer, nous finirons par courir à la recherche d’un abris pour éviter le déluge et la tempête. Posés sur des chaises en plastique sous une bâche de fortune, nous avons grignoté ce que l’on a pu trouver, face à une mer déchaînée, mais qui restait tout de même un paysage à couper le souffle. La fatigue s’accumulant, la pluie aura su nous bercer et nous apaiser pour une bonne nuit de sommeil!

De retour à Phnom Penh pour notre dernière nuit au Cambodge, nous avons opté pour une autre guesthouse, moins chère mais avec un service de tuk-tuk inclus pour le départ vers l’aéroport le lendemain à 5h du matin. Comme si le sort s’acharnait, la chambre prévue n’est plus disponible et l’on nous rabat sur la dernière disponible, au rez de chaussée, derrière la réception. Nous acceptons avec résignation, le tout étant d’avoir un toit pour dormir. Ce fut sans nul doute le plus mauvais choix de notre voyage. Une chambre entièrement cimentée et sans fenêtre, avec une porte en métal digne d’une prison, un cadenas et une chaîne pour seul verrou.
Avec une température moyenne avoisinant les 40°, l’air irrespirable et le lit aussi dur que la pierre, impossible de fermer l’œil à nouveau. 4h du matin, nous sautons dans nos fringues pour fuir ce cauchemar.
Assis dans notre tuk-tuk en direction de l’aéroport, le vent frais de l’aurore nous balaye agréablement le visage et l’on s’assoupit tout naturellement en pensant à notre prochaine destination, l’Indonésie, l’île de Bali.

Une photo vous a plu mais n’est pas disponible dans la boutique?

N’hésitez pas à nous demander un tirage spécial!

CONTACTEZ-NOUS!

Nos aventures continuent vers

EP5. BALI L’APAISANTE

Social Network

Pour ne rien louper et suivre nos aventures au quotidien,
Abonnez-vous directement à nos pages sur les réseaux sociaux

2 Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *