Atterris de nuit sur le tarmac de l’Aéroport Denpasar de Bali, l’air était lourd et humide. Encore empreints de nos dernières heures difficiles à Phnom Penh, nous ne rêvions que d’une chose, une bonne nuit de sommeil réparatrice! Complètement déphasés, il nous aura fallu faire une confiance aveugle à notre chauffeur de taxi pour rallier notre auberge dans les petites ruelles sombres de la ville côtière de Sanur.

Réveillés en douceur au Dewi Dewi Villas, le soleil nous a réchauffé le cœur tandis que nous profitions d’une matinée apaisante en barbotant dans la piscine commune aux deux autres chambres.

Les ruelles du quartier qui nous paraissaient si peu accueillantes la veille au soir arborent de très belles maisons en pierre aux portes boisées, décorées de fleurs de toutes les couleurs et d’une végétation éclectique.

Une odeur agréable d’encens flotte dans l’air tandis qu’une multitude d’offrandes ornent le sol et apportent des touches de couleurs vives à ce cadre déjà fort chaleureux.

Quelques minutes de marche plus tard, nous nous sommes retrouvés face à l’océan; du sable fin, une eau turquoise et translucide, de jolis bateaux de pêche typiques, le tout dans une atmosphère détendue et iodée, comme pour annoncer une belle journée.

Prolongeant notre marche sur la promenade le long du rivage, rythmée par les restaurants, villas et hôtels, nous avons marché un bon moment sous le soleil matinal, sans sentir le temps passer. Qu’il est bon de flâner un peu! Sur le chemin du retour, nous avons eu la chance d’assister à un cours de danse traditionnelle donné à des jolies jeunes balinaises en habit traditionnel sur une petite esplanade de quartier. Quel raffinement.

De retour sur le front de mer pour clore cette belle première journée, nous avons profité d’une bière Bintang et d’un concert dans un beach bar. En remontant la rue Danau Tamblingan, nous avons atterri par hasard chez Little Thai. Nous y avons dégusté de délicieux plats locaux à très bon prix! Sans conteste notre coup de cœur gastronomique de la ville! A goûter absolument, le plat végétarien Gado-Gado et les différents mets à la sauce Satay, un vrai délice.

Moyen de locomotion idéal pour se déplacer sur l’île, nous avons loué dès le lendemain notre scooter pour la semaine. Moins de 10 min après notre premier départ, nous sommes arrêtés pour une infraction… Arrêt justifié puisque nous avons « brûlé » un feu rouge suite à une incompréhension de signalisation. Nous sommes alors escortés jusqu’au « bureau de Police », un comptoir de pierre en plein air aux allures de cuisine abandonnée au coin d’une rue. Ici, un officier supérieur affublé de RayBan « miroirs » nous accueille à l’américaine. Après une brève discussion, nous nous délestons de 30 euros pour nous acquitter de notre amende mais aussi pour nous affranchir de tout type d’infraction pour la durée totale de notre séjour. Il faut savoir que la corruption policière est monnaie courante à Bali. En tant que touriste, vous pouvez vous faire arrêter à tout instant sans aucune raison valable pour payer votre tribut officieux. Toutefois, nous avons dès lors fait très attention et redoublé d’effort pour respecter la signalisation à tout instant ! Notre conseil, exécutez vous sans discuter car les policiers de Bali peuvent être des cowboys sans foi ni loi !

L’incident clos, nous avons repris notre route en direction de la presqu’île de Bukit et de la plage d’Uluwatu, mondialement connue comme un spot de surfeurs! Alors que nous étions à la recherche de la plage, nous sommes tombés par erreur sur un superbe temple accroché à la falaise et dédié aux esprits de l’Océan Indien, le Pura Luhur Uluwatu.

Ce temple est dédié à la nature, on y trouve des autels, des esplanades à ciel ouvert et des offrandes un peu partout. Une typologie totalement différente de tout ce que l’on avait pu voir jusqu’à maintenant. Ici, tous les éléments ont vocation à être invoqués. La terre est un temple, le ciel est un temple, l’air est un temple. L’énergie est tout autour de nous et s’il nous prend l’envie de nous abandonner à la méditation face à l’immensité de l’océan, elle saura nous submerger.

Sur le chemin du retour, un macaque nous a sauté dessus et nous volé notre bouteille d’eau! Le chapardeur n’a pas tardé à la percer d’un coup de canine pour la vider d’une traite ! Impressionnant ! Familiarisés à la présence humaine, les singes ont développé un sens aigu du vol et il est inutile de résister au risque de se prendre un coup de croc! Il est donc préférable de ne rien laisser pendre autour de son coup ou sur ses hanches, au risque de devoir abandonner ses lunettes, ou même son appareil photo…

Au bout de la route supposée nous conduire à la plage d’Uluwatu, il nous aura fallu faire le reste à pied. Traversant ce village accroché à la falaise, avec ses ateliers et ses surf shop, on se sentirait presque initié.

Et puis finalement le voila, le panorama sur la sublime plage en contrebas, avec son eau translucide, ses rochers aux reflets émeraude et au loin les lignes des vagues avec les surfeurs à l’affût !

Au bout du chemin, un escalier vertigineux avec un garde corps branlant vous conduira dans un grand canyon puis sur le bord de plage. Découpée en petite criques, la falaise vous offrira de parfaits spots pour lézarder ou pour discuter avec des gens du monde entier !

Deuxième jour à Bali! Notre réveil plus tardif nous a obligé à rester proche de Sanur. C’est un tout autre décor qu’offre Jimbaran. Une longue plage de sable fin, idéale pour barboter sans risquer de se blesser sur des rochers, profiter d’un moment en famille à siroter un banana shake, ou juste lire tranquillement à l’ombre d’un parasol.

Au loin, on peut observer le ballet incessant des avions qui atterrissent sur la seule et unique piste de l’aéroport Denpasar. Construite en partie sur l’eau, chaque avion semble amerrir sur l’horizon!

Particularité de cette plage, sous chaque transat, derrière chaque table ou parasol peut se cacher un chien! La plage est envahie de chiens! En moins de deux, après quelques vérifications d’usage, nous voilà en train de jouer comme des gosses avec ces chiens, tout en leur donnant un peu d’eau fraîche pour qu’ils puissent se désaltérer sous ce soleil de plomb. On se refait pas hein?!

Pour noircir ce souvenir, il y a quelques semaines, en janvier 2018, nous sommes tombés sur un terrible article. Catastrophe écologique, la plage de Jimbaran fait actuellement les frais d’une pollution terrible liée aux rejets humains de plastiques.
C’est avec une profonde tristesse que nous avons accueilli cette nouvelle avec l’intime conviction que nous, êtres humains, devons redoubler d’effort pour prendre soin de notre planète, de son environnement et de sa biodiversité. Les luttes sont diverses et chacun peut à son échelle et à sa manière apporter sa pierre à ce fragile édifice. Le changement est en nous, engageons-nous!

On ne pouvait séjourner sur ces petites îles indonésiennes sans profiter des plaisirs d’une plongée! Debout à l’aube, nous nous sommes rendus à l’embarcadère de Sanur pour prendre la mer vers notre prochaine destination : Nusa Lembogan.

Le vent soufflait déjà fort et nous promettait une traversée pour le moins agitée. Quel euphémisme! Ballottés de droite à gauche, nos fesses n’ont quasiment pas touché les sièges!
Arrivés à bon port et remis de nos premières émotions du jour, nous avons rejoins le centre de plongée Dive Concept. Il règne sur cette petite île une ambiance tellement paisible, le temps semble s’être arrêté et l’on s’y verrait bien poser nos sacs à dos plusieurs mois!

Rapidement briefés, équipés de nos combinaisons et de nos tubas, nous sommes partis avec le reste de l’équipage en direction de la plage. A peine avons nous quitté le sable que la houle soulève les flots et crée de monstrueuses vagues ! Une heure de traversée chaotique durant laquelle nous décollerons de nos sièges à plusieurs reprises ! Certains se blessent, certains ont le mal de mer, même les plus aguerris !
A mesure que les minutes défilent, nous voyons la côte s’éloigner… Le spot où nous allons est au large de l’île…? La peur nous envahit, nous n’allons quand même pas plonger dans ces conditions au beau milieu de l’océan? Le solide capitaine, déjà bien ennuyé par cette mer déchaînée entend nos prières et décide de rebrousser chemin en direction cette fois-ci de Manta Bay.
Voilà un bien joli nom évocateur. Prêts à découvrir un lagon avec un récif à l’eau cristalline ou pourrait planer quelques raies, il n’en fut rien. L’endroit est sublime mais c’est une crique bordée de falaises sur lesquelles viennent se fracasser les énormes vagues dans une violence inouïe…
Même topo sauf que cette fois-ci le capitaine nous dit que l’on peut sauter ! En quelques secondes, tous les plongeurs sautent à la renverse et se jettent à l’eau dans l’espoir de voir les raies Manta qui nagent en contrebas !
Sous l’impulsion des plongeurs, Nadia se jette à l’eau… Complètement paniqué, je me jette à mon tour dans ce bouillon opaque… A cet instant précis, la situation nous échappe. Le bateau s’est éloigné et on ne se voit plus à cause des énormes trous de vague. La peur nous envahit chacun de notre coté. Les vagues nous poussant au plus près des falaises, la situation devient fatalement dangereuse. Ce n’est qu’en nageant de toute nos forces que nous avons réussi à nous éloigner des falaises pour faire des signaux de détresse au capitaine.
Une fois à bord, nous sommes pétrifiés avec l’intime sensation d’avoir bien failli y laisser notre peau.
Quelques minutes plus tard, les plongeurs remontent, exténués eux aussi par la puissance des courants exercée à 15 m de profondeur. Malgré le peu de visibilité, certains d’entre eux ont toutefois pu apercevoir les fameuses raies.
Sur le chemin du retour, le vent s’est calmé, le capitaine décide alors de faire une halte à la Crystal Bay. Quel émerveillement! C’est un petit lagon d’eau claire avec un récif foisonnant où vivent de nombreux coraux, anémones et poissons multicolores. Traumatisés par notre dernière expérience, nous sautons quand même à l’eau et nous laissons flotter et porter par le courant sur plusieurs centaines de mètres, savourant le spectacle marin qui s’offre à nous seulement quelques mètres en dessous.
C’est sur ce superbe tableau que se clôturera cette journée forte en émotions. Ces écosystèmes peuvent vous offrir des ravissements que les éléments sont à tout moment en droit de vous refuser. Alors ne tentez pas le diable et laissez vous porter !

En quête d’un endroit paisible pour nous relaxer, la plage de Balangan sur la presqu’île de Bukit a su combler toutes nos espérances. Une plage de sable fin, de curieux rochers recouverts d’algues vertes vives et des falaises abruptes offrant un magnifique point de vue sur l’océan.

Plage de surfeurs à temps plein, on trouve tout le long de la plage des cabanes en bois sur pilotis ou résident de nombreux surfeurs en quête d’une expérience authentique au bord de l’eau. Allongés à l’ombre d’une de ces cabanes, on s’est laissé bercer par le son des vagues qui se brisaient sur les rochers. Hypnotisant.

C’est déterminés que nous avons pris la route en direction du centre de l’île et de la région d’Ubud. A peine arrivés, nous étions sous le charme de la petite ville. Il y a beaucoup de monde, mais l’énergie y est profondément positive. Les trottoirs sont décorés de fleurs parfumées et l’on peut se délecter de jus de fruits frais un peu partout.

Bien décidés à en prendre plein les yeux, nous sommes partis à l’assaut du Temple Hindou Gunung Kawi SebaTu à Tampaksiring, non loin du centre d’Ubud. Bien que touristique, l’endroit est tout bonnement incroyable.

Entouré de rizières en escalier et d’une jungle luxuriante, le temple est un site gigantesque qui se parcoure au grès du hasard, au milieu de ruines, de cascades, de rivières et de bassins de riz.

On se perd dans la roche, traversant des ponts, enjambant des ruisseaux. Une véritable parenthèse temporelle enchantée.

On peut se recueillir près des falaises aux alcôves sculptées, se baigner dans les bassins de purification ou simplement admirer la beauté de la nature verdoyante. L’énergie y est bienveillante et réconfortante, une vibration profonde qui nous incite à voguer en toute liberté.

Sur des estrades au cœur même du site sacré, nous avons pu voir des groupes de femmes préparer de sortes de petites galettes triangulaires de riz compressé dont le nom nous a malheureusement échappé.

De retour dans le centre d’Ubud, nous avons terminé cette journée au Tropical View Cafe, affalés sur une montagne de coussins dégustant de savoureux plats dans une atmosphère zen avec vue sur les rizières.

Sans nous en rendre compte, nous entamions notre dernière journée sur cette île paradisiaque. Bientôt, il nous faudra nous envoler à nouveau vers Bangkok puis la France dans quelques jours. Voulant profiter au maximum de nos derniers instants, nous avons opté pour une séance matinale de massage balinais. Aussi énergique qu’un massage thaïlandais, ce dernier aura surtout eu pour effet de réveiller nos douleurs musculaires, stigmates de notre journée de navigation à Nusa Lembongan.
De retour à Jimbaran, nous avons profité d’un bain de soleil et de baignades à répétition!

A la tombée de la nuit, un curieux ballet s’est mis en place. La plage, peu à peu recouverte de tables et de chaises, s’est tout bonnement transformée en une gigantesque terrasse de restaurant.

À mesure que les tables se remplissaient, les grills des «cabanes» créaient un épais nuage de fumée dans le ciel. À la lumière des bougies, les pieds dans le sable, nous avons profité d’un dernier verre sous le ciel étoilé de Bali.
De quoi imprimer dans nos esprits le souvenir du dernier instant passé sur cette île attachante que l’on ne voulait plus quitter. Tellement de choses encore à découvrir.

Moins de 24h plus tard, nous étions de retour à Bangkok, là où tout avait commencé.
Le cœur gros, nous déambulions avec assurance dans la ville alors que nous étions si réservés quelques semaines auparavant. À mesure que les heures passaient, un étonnant sentiment nous envahissait, tout semblait différent…
Perchés au 49e étage de l’Hôtel Mariott, sur le toit terrasse de l’Octave Rooftop, nous profitions d’une vue imprenable à 360° avec en prime un magnifique coucher de soleil sur la ville.

Partagés entre une profonde gratitude et une douce mélancolie, nous avons peu à peu pris conscience du chemin parcouru, dans nos têtes, nos cœurs et nos âmes. Nous n’avions plus peur de l’inconnu, il nous appellait. L’adversité devient un apprentissage. La spontanéité comme moyen d’en apprendre un peu plus chaque jour sur les autres et sur nous même.
Sous le soleil de l’Asie, nous comprenions subitement que ce n’était pas ce que nous voyions qui avait changé. Ce qui avait définitivement changé, c’était notre perception des choses, nos sentiments, nos certitudes, ce qui avait profondément changé durant ce voyage, c’était nous.

BLONDO THE MOVING LIFE commençait à fleurir en silence, dans nos coeurs et dans nos esprits…

NAMASTE

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