Après avoir roulé depuis Charlottetown sur l’Île du Prince-Édouard, nous commencions à accuser les kilomètres et surtout le rythme effréné que l’on s’est imposé depuis le début de notre road trip, cinq semaines auparavant. Arrivés sur les rives du Pictou Harbour, nous nous apprêtions à démarrer notre aventure en Nouvelle-Écosse !

La Nouvelle-Écosse est la quatrième et dernière province canadienne que nous avons parcouru lors du road trip FALLIN’ IN FALL réalisé à l’automne 2017. Pour une meilleure compréhension du récit de cette aventure et si ce n’est pas déjà fait bien sur, nous vous invitons à lire l’épisode 6 consacré au Québec, l’épisode 7 consacré au Nouveau-Brunswick et l’épisode 8 consacré à l’Île du Prince-Édouard dès maintenant! Sinon, nous vous souhaitons une belle découverte de l’Île !

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Nous avions repéré en amont un camping dans lequel nous pourrions profiter d’une bonne douche et d’une nuit sereine : le Harbour Light Campground. Après un accueil très chaleureux, le gérant nous a proposé un super emplacement au bord du fjord. Encore une des joies de la fin de saison! Et lorsque nous étions sur le point de payer pour la nuit, il nous a finalement annoncé que c’était gratuit pour nous ! Nous sommes restés bouche bée par cet acte de générosité. Il nous a même donné de quoi faire des lessives… Nous étions carrément gênés, ça démarrait fort pour nous en Nouvelle-Écosse !
Alors que nous étions en pleine préparation de notre dîner du jour sur la table de picnic et que le soleil se couchait peu à peu, le ciel s’est embrasé et s’est transformé en un festival de couleurs flamboyantes et profondes telle une peinture impressionniste. Ce sera sans aucun doute un des plus beaux couchers de soleil qu’il nous ait été donné de voir. Les crépuscules canadiens sont décidément plein de surprises !
~ Compter 32 $CAD taxes incluses en saison haute pour un emplacement avec services. ~

Nous avons été fortement ballottés toute cette nuit là au bord de l’eau! On pouvait même voir le courant dans le fjord au petit matin. Cela ne nous a pas pour autant empêché de profiter de la superbe vue pendant le petit déjeuner.

Définitivement de bonne humeur et requinqués, nous avons offert au gérant du camping le second vélo qui traînait sur notre toit depuis le début du voyage ! Le premier ayant eu une fin douloureuse dans un camping de la Gaspésie où nous avons littéralement roulé dessus avec le van lors d’une marche arrière incontrôlée… Surpris du cadeau, il nous remercia chaleureusement et c’est en partant que nous avons vu un adolescent récupérer le vélo avec un grand sourire. Le partage et l’échange au cœur de nos convictions, nous étions ravis d’avoir pu faire un heureux !

De retour sur la route, nous avons remonté la côte en direction de Cheticamp sur l’île du Cape Breton pour une escale avant d’attaquer le fameux Parc National des Hautes Terres du Cap Breton. Nous avons passé la soirée dans le Gabriel, un pub restaurant familial où tous les habitants de la ville et des villages environnants viennent passer la soirée.
Ambiance bières, frites, billard, et murs tapissés jusqu’au plafond de maillots de hockey ! Nous avons même eu la chance d’assister à un concert de musique acadienne traditionnelle tout en discutant avec un vieil homme et son fils. Deux bikers juste de passage ici aussi qui sillonnaient la Nouvelle-Écosse en recherche de spots atypiques et de sensations fortes sur les routes. Leurs conseils avisés sur certains coins de l’île se sont avérés très enrichissants pour la suite de notre périple! Le genre de soirée qui vous fait faire des rencontres inattendues que seul l’itinérance et le voyage peuvent apporter.

Après avoir dormi sur le parking de l’église et après un bref arrêt en sortie de la ville au centre d’accueil du parc pour récupérer une carte des sentiers, nous avons pu admirer la beauté de la route côtière, toute en lacets, avec des falaises abruptes, des criques de cailloux gris et roses, des vagues déchaînées, le tout dans une ambiance brumeuse et rougeoyante automnale dont on ne se lasse définitivement pas. Absolument sublime !

Même Léon en a pris plein les yeux ce matin là !

Il était encore tôt lorsque nous avons débuté notre première randonnée dans le parc. Le sentier Skyline démarre dans une forêt dense de pins gris, qui ce matin là, était enveloppée d’un épais brouillard et lui conférait une ambiance magique et mystique comme nous aimons tant. Plus nous grimpions, plus la brume s’épaississait, notre attention et nos sens s’étaient alors concentrés sur la richesse de la végétation basse et sur de superbes arbres.

A mesure que nous prenions de l’altitude, nous pouvions constater que la forêt faisait progressivement place à un maquis bas, déjà bien attaqué par la population florissante d’orignaux qui dévore littéralement la forêt boréale. À tel point que les agents du parc ont du mettre en place des exclos afin de laisser la végétation et les arbres se régénérer.

Ce sentier débouche ensuite sur une passerelle de bois de laquelle on a une superbe vue panoramique sur la côte, l’océan et la route sinueuse le long des falaises. La brume enfin dissipée, nous avons découvert ce point de vue avec enchantement !

Le dernier tiers du sentier nous replonge dans la forêt. Et pourtant, toujours aucun animal en vue… Nous avons donc poursuivi notre marche aux aguets et à l’affût du moindre bruit ou masse dans les arbres.
C’est alors que nous croisons une dame qui nous signale la présence d’un original un peu plus haut sur le sentier. Excités comme des puces à l’idée d’enfin observer cet animal que l’on rêve de voir depuis le début de notre voyage, nous accélérons la cadence tout en restant les plus silencieux possible. Et là, sur notre gauche, caché derrière un sapin au bord d’une petite clairière, nous découvrons enfin ce majestueux animal, immobile, paisible, d’une discrétion déconcertante malgré son imposante taille. Le temps se suspend, la respiration ralentie, nous profitons de ce face à face troublant. Il est à une trentaine de mètres de nous. Appareil en main, nous le filmons et le photographions le plus calmement possible. Avec ses impressionnants bois sculptés par la vie qui nous donne une indication sur son âge avancé, il nous regarde avec sagesse, d’un air calme et serein tout en se délectant de l’arbre. Nous sommes restés ainsi, en extase, plusieurs minutes agenouillés dans l’herbe puis nous avons repris notre chemin, très émus et plein de gratitude pour cette rencontre inoubliable.

Sur les conseils avisés de nos deux bikers rencontrés la veille, nous avons ensuite mis le cap sur Meat Cove, le point le plus éloigné de la Nouvelle-Ecosse. La nuit commençait à tomber et nous n’avions aucune idée de ce que nous y trouverions; un peu inquiets lorsque la route asphaltée s’est transformée en piste de terre… Sans la beauté de la vue, peut-être qu’on aurait fait demi-tour ! Par chance, un camping se trouvait au bout de ce chemin, le Meat Cove Campground c’est de nuit que l’on s’est alors installés à flanc de falaise, face à l’océan…
~ Compter 35 $CAD taxes incluses en saison haute pour un emplacement sans services. ~

Bercés par le son des vagues qui frappaient la roche en contrebas, nous avons profité d’une excellente nuit et d’un parfait réveil en admirant la sublime vue depuis notre lit au fond du van. Nous étions ravis d’avoir su écouter notre intuition une fois de plus tout en nous imaginant avoir la chance un jour de nous réveiller chaque matin avec une vue similaire, au cœur de la nature…
Un lieu d’exception, un petit lopin de terre familiale au bout du bout de la Nouvelle-Écosse à ne surtout pas louper!

Avant de quitter cet endroit magique, le propriétaire du camping, né dans cet endroit, nous avait conseillé de faire une micro randonnée d’à peine 20 min pour accéder à un superbe panorama sur la baie et l’océan. Bien entendu, on ne s’est pas fait prier et nous nous sommes empressés de grimper le sentier, au milieu d’une petite forêt dense et rocailleuse. Au sommet, c’est une vue tout bonnement magnifique que nous avons trouvé. Un vent fort dans les cheveux, les vagues qui se brisent sur les falaises, le vertige, nous avions le sentiment d’être au bout du monde. Un sentiment fort et intense, exclusif. Nous ne remercierons jamais assez ces deux bikers de nous avoir poussés à venir ici, c’était parfait.

Après cette escale un peu hors du temps, nous étions un peu bouleversés. L’orignal, cet endroit fou pour la nuit, nous avions encore beaucoup de magnifiques endroits à découvrir mais déjà un sentiment d’achèvement commençait à se faire ressentir. Comme un “trop plein” de beau !
Nous sommes ensuite rentrés à nouveau dans le parc national afin d’emprunter le sentier “Pin Gris” qui lui propose une biodiversité très riche; de la végétation basse cotonneuse,  de la mousse verte, de la roche et de belles plantes rouges.

Une partie du sentier se parcoure en forêt et l’autre sur un sol minéral parsemé de pins gris dépouillés. Nous avons pu y croiser des Tetras à nouveau, des écureuils roux et admirer de jolis points de vue sur l’océan.

Le Parc National des Hautes Terre du Cape Breton est sans aucun doute le plus authentique des parcs que l’on ait vu. Son positionnement, sa végétation, sa faune et sa côte en font un endroit incontournable de la Nouvelle-Écosse et plus largement de toutes les régions de l’Est canadien.

Avant de reprendre la route en direction de Sydney, nous avons profité d’un déjeuner sur une plage de sable rose afin de clôturer l’expérience en beauté !

L’arrivée à Sydney fut un peu chaotique et nous en gardons un très mauvais souvenir. Après avoir passé plusieurs jours en pleine nature, le choc fut un peu brutal. Nous souhaitions nous faire une soirée tranquille, boire une bière dans un pub et manger un morceau hors du van. Il y avait beaucoup de monde, quelques difficultés à se garer, un pub un peu cher, une pizza dégueulasse et une légère altercation avec un habitant auront eu raison de nous. De nuit, nous avons filé hors de la ville nous garer sur le parking d’un Walmart, bien décidés à reprendre la route le lendemain à l’aube vers notre prochaine destination.
~ Parking free pour les VR et comme d’habitude, se mettre le plus loin possible des portes d’entrées des magasins. ~

Direction Louisbourg pour visiter la reconstruction partielle d’une forteresse française datant du 18e siècle, l’une des attractions les plus touristiques du Cape Breton. Sur le même principe que le Village Historique Acadien de Caraquet au Nouveau-Brunswick, nous avons arpenté les ruelles d’un village fortifié figé dans le passé.

Le parcours propose de visiter une caserne militaire, des maisons traditionnelles et des ateliers où des acteurs endossent les rôles d’habitants, de soldats, d’artisans en nous contant la vie de ces ancêtres. Un voyage dans le temps de quelques heures !

On y découvre les us et coutumes de cette période, les tenues et les métiers de l’époque ainsi que tous les animaux de ferme participant à la dynamique de la communauté! Une vraie découverte!

Après cette rafraîchissante interlude historique, nous avons fait route vers Halifax. Mais avant d’arpenter les rues de la capitale de la province, nous avons opté pour une pause récupératrice dans un hôtel de la ville voisine, Dartmouth. Profiter d’une bonne douche chaude, dormir dans un lit confortable et laver toutes nos affaires et les draps du van qui en avaient bien besoin ! Faute de trouver un épicier ouvert dans la zone d’activité où se trouvait l’hôtel, nous avons expérimenté un étonnant concept d’achat de bière en “drive”! Inattendu mais définitivement pas écologique compte tenu de l’impressionnante file de voitures qu’il y avait… Les concepts “drive” sont à bannir de toute façon !

Nous avons commencé notre visite d’Halifax par le joli parc Halifax Public Gardens, un poumon de verdure en plein cœur du centre économique. Joliment fleuri, nous y avons volontiers dégusté une glace au bord du petit bassin en admirant les familles de canards. Nous étions le deuxième lundi du mois d’octobre, jour choisi par le parlement canadien pour célébrer Thanksgiving. Les familles étaient donc au rendez-vous dans le parc et l’ambiance y était joviale et détendue!

Nous avons continué notre marche et arpenté des rues tantôt colorées et rustiques, tantôt bétonnées et modernes, jusqu’à déboucher sur la marina.
Ici sont regroupés de nombreux pubs branchés et aménagements saisonniers. On y trouve des ginguettes au bord de l’eau, des foodtrucks en tous genre! Bref, un temple de la conso’!

Après avoir flâné quelques temps, nous avons opté pour la terrasse extérieure du bar éphémère Beer Garden Stubborn Goat où nous y avons dégusté de bons et gras nachos aux jalapenos ! Nous y avons même fait la rencontre d’un très bel oiseau !
Stationnés pour la nuit sur un parking de la marina, nous avons profité d’une vue sur le front de mer avec les lumières des buildings de la ville en toile de fond.
~ Parking payant (oups! On a pas noté le prix… Mais de mémoire, compter minimum 20$ pour 12h incluant la nuit) et accessibles  aux VR mais de petites catégories. ~

Le jour suivant, nous souhaitions ralentir un peu le rythme. Ce n’est pas toujours simple d’arriver à aligner plusieurs heures pour travailler quand on est sur la route, nous avons donc décidé de profiter d’une matinée “tampon” en nous installant dans la jolie Halifax Central Library.

Une architecture contemporaine qui joue avec des volumes orthogonaux en parois vitrées. L’intérieur est en opposition, déconstruit et immaculé de blanc. L’enchevêtrement des escaliers et des passerelles de chaque niveau crée un jeu graphique avec la lumière naturelle qui s’infiltre par les grandes verrières du bâtiment. Un endroit vraiment très agréable pour travailler ou bouquiner tout simplement !

De retour sur la route pour arpenter la côte Sud de la Nouvelle-Écosse, notre premier et obligatoire arrêt fut le petit village de Peggy’s Cove. Des chalutiers, des maisons en bois colorées, des cabanes de pêcheurs sur pilotis, le charme de ce village est indéniable, nous étions conquis!

Sur le front, vous pouvez vous aventurer sur les fameux rochers polis sur lesquels les vagues viennent se briser, le tout surplombé du phare trônant au milieu du décor comme un monolithe…

Un superbe lieu pour s’abandonner à la rêverie quelques instants, assis face à l’océan sur ces rochers. Il faut néanmoins faire très attention lorsque l’on marche proche de l’eau, de nombreuses personnes sont victimes d’accidents chaque année, sous-estimant la puissance de certaines vagues, même par temps dégagé.

Tout allait bien depuis notre départ il y a plusieurs semaines, nous avalions les kilomètres sans nous en rendre compte, parfois très fatigués, mais toujours requinqués par les découvertes et les rencontres. Jusqu’à ce jour. Nous faisions route vers Lunenburg lorsqu’un voyant moteur inquiétant s’est mis à clignoter sur le tableau de bord du van nous imposant un arrêt d’urgence dans la petite ville la plus proche, Chester.
Après avoir évalué le problème, nous avons fait les niveaux d’huile à froid sur le parking d’une superette puis avons quand même pris le temps d’admirer la jolie petite marina de la ville. De jolies maisons luxueuses, pontons et bateaux privés bordent l’eau. Les pelouses y sont vertes et bien tondues tandis que les fleurs multicolores se reflètent dans l’eau pour compléter le tableau.

Lieu de villégiature de nombreux retraités, Chester est une ville embourgeoisée, calme et très peu visitée, voire pas du tout. C’est le genre de ville où tout le monde se connaît et lorsque nous avons fait quelques courses dans la superette, la caissière nous a même demandé avec le sourire ce qui avait pu nous amener jusqu’ici ! Nous avons passé la nuit sur le parking du NSLC (NOVA SCOTIA LIQUOR CORPORATION) seuls et à découvert, prêts à être délogés à tout instant. Finalement, la nuit fut tellement tranquille qu’à notre réveil tardif, le parking était déjà rempli!
~ Possibilité de stationner sur le parking seulement si votre van est “passe partout”. Dans le cas contraire, il peut y avoir un risque d’être délogé. ~

Le van s’étant remis de ces émotions de la veille, nous avons foncé en direction de Lunenburg, la ville côtière incontournable de la région, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. A peine arrivés, nous étions charmés et enchantés par le port où se côtoient de vieux bateaux en bois, des chalutiers et des bateaux de plaisance. Sous un ciel bleu magnifique et un soleil de plomb, la journée s’annonçait radieuse. Après avoir dégusté un succulent repas dans notre van avec une vue imprenable sur la ville depuis l’autre rive, nous sommes retournés sur le port pour arpenter les rues de la ville.

Il faut grimper dans les rues car la ville s’élève sur plusieurs collines. En quelques heures, nous avons très vite compris la raison de son classement à l’UNESCO. Les rues aux maisons de toutes les couleurs, des petits commerces d’artisanat locaux, des églises noires et blanches à différents endroits, des parcs avec une vue imprenable sur la baie. Cette petite ville est pleine de surprises.

Nous avons également visité la magnifique église Anglicane St John’s, guidés par un généreux bénévole qui nous a raconté toute l’histoire de la ville et de cette église. A l’origine habitée par la communauté Mi’kmaq, la baie a été colonisée en 1753 par 2700 protestants venus d’Allemagne, de Suisse et de France. Des paysans arrivés sur un territoire dont ils ignoraient tout. Pas préparés, ils ont littéralement été décimés par l’hiver dès la première année. Les survivants ont alors profité de connaissances et de techniques ancestrales partagées par les Mi’kmaq pour garder la chaleur dans les habitats, pour conserver la nourriture et les récoltes durant les longs mois de l’hiver mais surtout pour la pêche. Ils durent s’adapter à leur environnement et progressivement passer de cultivateurs à pêcheurs et c’est ainsi que la ville pu prospérer jusqu’à devenir un port de commerce incontournable. Quant à l’église, presque entièrement détruite lors d’un incendie, a été totalement reconstruite et décorée par des bénévoles et habitants du village sur la base de donation de la communauté anglicane du monde entier. Elle est magnifiquement décorée et l’atmosphère y est très chaleureuse.

La côte Sud de la Nouvelle-Écosse est reconnue pour tous ses villages typiques de pêcheur, mais une fois n’est pas coutume, nous avions envie de retourner en forêt et c’est ainsi que nous sommes remontés dans les terres jusqu’à rallier le Parc National Kejimkujik. Nous avons passé une nuit pour le moins glaciale dans le camping le plus sauvage de notre voyage, le Jeremy’s Bay Campground. Installés en plein milieu du parc, l’atmosphère y était lourde, les gens vraiment très discrets et la brume épaisse du matin a rendu l’ambiance presque flippante. On a adoré!
~ Compter 30 $CAD environ taxes incluses en basse saison pour un emplacement avec services. ~

Nous frôlions la toute fin de saison, la plupart des sentiers étaient fermés pour laisser les animaux tranquilles et la nature se régénérer. Nous avons alors emprunté le sentier « Hemlocks and Hardwoods ». Cinq kilomètres au milieu des pins et des érables, dont les feuilles mortes tombées au sol nous dressaient un épais et beau tapis rouge.

Une partie du sentier traverse une forêt très dense avec un magnifique tapis de lichens et de mousses verdoyantes. Les puits de lumière qui passaient à travers les arbres révélaient la couleur du sol, créant une ambiance cinématographique sublime.

Nous avons ensuite emprunté le « Flowing waters ». Un joli sentier court qui longe une petite rivière. Les feuilles des arbres arboraient leurs couleurs automnales qui se reflétaient dans l’eau et créaient une magnifique peinture naturelle.

Puis avant de reprendre la route, nous sommes allés voir les cascades du sentier « Mills Falls ». L’eau de la rivière sombre comme du café contrastait avec les feuilles déjà jaunes des arbres la bordant.

Nous avons passé moins de deux jours dans le Parc National Kejimkujik mais pas en raison de sa qualité. Il offre sans aucun doute de nombreux autres sentiers tout aussi beaux que ceux que nous avons fait. Simplement, le sentiment ressenti quelques jours auparavant en sortant du Cape Breton commençait à s’intensifier. Nous étions vraiment fatigués et les températures commençaient à chuter de plus en plus. Il était peut-être temps pour nous de commencer à songer sérieusement au voyage de retour.

Nous avons donc réorganisé la fin de notre itinéraire, à commencer par squeezer la célèbre ville d’Anapolis pour filer directement au Bassin de Minas. Ce petit bassin dans le prolongement de la Baie de Fundy est connu pour ses spots d’observation des marées, les plus hautes du monde, avec un dénivelé pouvant atteindre jusqu’à 16 mètres de hauteur. Il ne suffit pas simplement de trouver le lieu idéal, il faut donc aussi tabler avec les horaires des marées et anticiper le temps pour parcourir les kilomètres nous séparant du dit lieu.
Stationnés sur un parking de Wolfville ~ Possibilité de stationner sur le parking seulement si votre van est “passe partout”. Dans le cas contraire, il y a un risque d’être délogé. ~ pour la nuit, nous avons fait choux blanc sur cette rive, nous obligeant à contourner la baie le plus rapidement possible jusqu’au Parc Provincial Five Islands, à 3 heures de route de là.
Malheureusement, le parc étant fermé à notre arrivée, nous comprenions que la saison était belle est bien finie. Le temps passait et nos chances d’observation pour ce jour s’évanouissaient peu à peu. Un peu hésitants, nous nous étions alors mis à chercher un camping où passer la nuit et c’est avec chance que nous sommes arrivés au camping Five Islands Ocean Resort. Pour son dernier jour d’ouverture de la saison, il n’y avait quasiment plus personne, et nous avons pu profiter d’un emplacement parfait face aux cinq îles de la baie de Minas plongées dans un fascinant crépuscule, tel des vaisseaux spatiaux après un amerrissage. Les émotions s’exacerbent elles aussi à la vue de ce spectacle et nous remercions chaque fois la nature de nous offrir tant de belles choses à contempler.
Nous ne pouvions rêver mieux pour clôturer notre séjour en Nouvelle-Écosse avant d’amorcer notre retour vers Montréal. Le cœur serré, nous sentions que nous arrivions bientôt au terme de cette aventure…
~ Compter 34 $CAD taxes incluses en saison haute pour un emplacement avec services. ~

NOUS SOMMES DE RETOUR AU NOUVEAU-BRUNSWICK

Les meilleurs points d’observation des hautes marrées sont réputés pour être dans la Baie de Fundy, nous avons donc repris la direction du Nouveau-Brunswick et plus précisément de Hopewell Rocks. En arrivant sur place, nous avons eu la chance de découvrir que la marée était basse, nous permettant d’explorer le lieu à pied et de passer sous les rochers aux formes arrondies, sculptés par l’érosion et les mouvements de l’eau. Ce fut une expérience particulièrement inédite: on se sentait vraiment minuscules face à ces falaises et on avait du mal à croire qu’elles seraient immergées seulement quelques heures plus tard. On s’imaginait presque dans un décor « extra-terrestre »…

Postés sur une des passerelles d’observation en hauteur du parc, bravant les attaques de moustiques, nous avons observé la montée des eaux près de deux heures jusqu’à la tombée de la nuit. Nous n’avons pas eu la chance de voir le plus gros de la montée mais suffisamment pour apprécier la vitesse à laquelle le changement s’opèrait. Bluffant!

Hopewell Rocks marquait déjà la fin de notre voyage et c’est définitivement le cœur gros que nous commencions à remonter en direction de Montréal.
Passant par Fredericton, nous avons pu y découvrir des rues arborées avec de sublimes maisons colorées. Avec les décorations d’Halloween qui commençaient à fleurir, les petites clôtures grillagées, les allées avec les paniers de basket, on se serait cru projetés dans le décor d’un film américain ! Il y a toujours des choses à vivre même dans les moments où on s’y attend le moins !
~ C’est d’ailleurs ici que nous avons capturé la prise finale de notre film FALLIN’ IN FALL visible au générique. ~

La transcanadienne est ce qui se rapproche le plus de nos autoroutes en France. Elle est ennuyeuse et monotone. Il faut néanmoins admettre que l’on peut y observer des très belles perspectives et panoramas sur le fleuve Saint-Jean sur le tronçon entre Fredericton et Edmunston.
En route vers Edmunston, notre dernier arrêt avant Québec puis Montréal, nous avons jeté un dernier coup d’œil à nos notes et guides afin de vérifier qu’il n’y avait pas un dernier endroit que l’on aurait pu découvrir sur cette route interminable. On peut être capable de faire plus de 1000 km sans sourciller en une journée, dès lors qu’il s’agit du voyage de retour, chaque kilomètre compte pour 10… C’est à ce moment que nous sommes tombés sur une information concernant une énorme chute d’eau au niveau d’un barrage hydraulique dans la ville de Grand Sault. Il ne nous en fallait pas plus ! A notre arrivée au crépuscule, nous avons découvert un endroit surprenant, une roche noire, un barrage effrayant, où l’on se croyait presque dans une reconstitution du « Mordor »…

Malheureusement, à cette époque de l’année, le débit de l’eau est détourné en direction de la centrale électrique. C’est pourtant une cascade avec un débit énorme approchant celui des chutes du Niagara. Nous aurons la chance d’observer cette cascade une seconde fois au retour de notre voyage CHASIN’ ICE sur l’île de Terre-Neuve au printemps suivant mais cette fois avec le débit maximum ! Impressionnant !

C’est sur ces dernières images que s’achève cette aventure… Cette fois-ci, ça y est, nous parcourons les derniers kilomètres de notre voyage. L’habitacle du van est étonnement silencieux, l’ambiance est lourde et chacun de nous est plongé dans ses pensées. Sept semaines se sont écoulées depuis notre départ de Montréal et depuis, que de chemin parcouru. Des kilomètres bien sûr, beaucoup de kilomètres, 7200 en tout. Quant à parler du chemin psychologique voire même spirituel, il est exponentiel! Ce voyage nous aura définitivement transformés et une fois de plus, nous avons l’étrange sensation qu’il nous sera impossible de faire machine arrière. Les rencontres, les découvertes, les sensations éprouvées, la joie, la tristesse, parfois la frustration. Une chose ressort néanmoins de tout cela, une envie, profonde et sincère ; profiter de l’instant présent et aller de l’avant. Se mettre en quête d’un mouvement permanent et d’une remise en question constante pour progresser chaque jour et évoluer vers notre idéal de vie, notre ikigai. C’est notre leitmotiv, c’est ce qui nous pousse chaque jour à nous challenger! Car ce n’est qu’en éprouvant nous même tous les aspects d’une reconversion, d’un changement profond, d’une MOVING LIFE riche de sens, que nous pourrons vous partager une expérience la plus sincère possible à même de vous inspirer et de vous aider dans votre cheminement.
C’est notre objectif, notre but : vous pousser à réaliser vos rêves les plus fous et à changer de vie !

Nous espérons que la lecture de ce récit aura suscité chez vous l’envie de partir à l’aventure et de découvrir la richesse des territoires de l’Est canadien. N’hésitez surtout pas à nous laisser un commentaire ou à nous envoyer un mail pour nous donner votre avis, vos sentiments !
Nous avons hâte de vous lire !

Merci à tous pour votre lecture et à très bientôt pour de nouvelles aventures !

Romain, Nadia et Léon

LE FILM

L'EQUIPEMENT

PANASONIC . LUMIX DMC-G80
G VARIO 12-60 mm f/3,5-5,6 . Tropicalisé

PANASONIC . LUMIX DMC-GM1
G VARIO 12-32mm f/3,5-5,6

GOPRO HERO
Modèle avec boîtier étanche.

LES LIENS UTILES

. TOURISME NOVA SCOTIA – office du tourisme de Nouvelle-Écosse: https://www.novascotia.com/fr/#
. PARCS CANADA
– Site officiel des Parcs Nationaux Canadiens: https://www.pc.gc.ca/fr/index
. MAPSME – Application GPS utilisable hors connexion: https://maps.me/
. PARK4NIGHT – Application communautaire de stationnement VR: https://park4night.com/
. BUDGI – Application de budget pour voyages: https://budgi.com/
. FIZZER
– Envoi de carte postale en ligne: https://www.fizzer.fr/

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EP11. CHASIN’ ICE IN NEWFOUNDLAND

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